Sous l’impulsion du Conseil de développement (C2D), un nouveau projet prend forme dans le sillon du PCAET : la création d’une plateforme de réemploi, afin de mettre en lien les particuliers et les professionnels à travers un système d’échange d’objets et de pièces détachées.

Qu’est ce que le « Réemploi » ?

C’est donner ou vendre un produit pour qu’il soit utile à une autre personne et qu’il ne se retrouve pas en déchèterie

Le réemploi, la réparation et la réutilisation permettent donc la prévention des déchets mais aussi une consommation plus responsable contribuant au prolongement de la durée de vie des produits.
Ce projet s’inscrit dans une démarche de gestion des déchets et de sobriété énergétique, en ambitionnant de faciliter la reprise de matériaux et d’objets réutilisables habituellement jetés.

Les objectifs

Sur le territoire, le réemploi est un enjeu. Des acteurs et des projets se positionnent en sa faveur.

Le C2D des Vals du Dauphiné a développé une réflexion sur l’aménagement d’une plateforme locale de réemploi, dont les principaux objectifs sont :

  • Favoriser et faciliter l’apport, la collecte et la reprise des objets et matériaux réutilisables
  • Sortir du circuit actuel de la déchèterie une quantité toujours plus importante d’objets et matériaux
  • Réduire la production de déchets, y compris professionnels, en favorisant le réemploi et la réparation
  • Fournir aux acteurs du réemploi (réparateurs, créateurs, bricoleurs – particuliers et professionnels) une matière première nécessaire à leur émergence et leur développement
  • Agir favorablement sur le coût du traitement des déchets et sur la dynamique économique locale de la filière du réemploi
  • Sensibiliser les citoyens à la réduction des déchets et leur permettre un changement de pratiques de consommation
  • Contribuer à l’effort de réduction de notre impact collectif sur les ressources naturelles et à la diminution des émissions de GES liées au traitement des déchets et à l’obsolescence accélérée des produits

L’ambition : créer un lieu destiné au réemploi de l’objet et du matériau

Séduite par cette proposition s’inscrivant de plain-pied dans le Plan’et, la communauté de communes a validé ce projet et lancé une étude sur le réemploi à l’échelle locale, afin de consolider la dynamique d’économie circulaire déjà existante.

Ce lieu (un ou plusieurs sites sur le territoire) d’apport volontaire (objets, pièces détachées, matériaux…) sera conçu comme un lieu d’échange organisé, permettant de faciliter aussi bien le dépôt que l’enlèvement.

Il favorisera l’apport à travers notamment :

  • Une diversification et une classification des déchets par catégories d’objets ou matériaux ;
  • La possibilité d’une remise en circulation de produits stockés faute d’utilisation mais en état d’usage et potentiellement périssables (mastics, colles, peintures…) ;
  • Un dispositif incitatif.

Il favorisera l’enlèvement à travers notamment :

  • Une diversification des catégories d’objets ou matériaux identifiés et disponibles ;
  • Une signalétique du lieu adaptée ;
  • Une tarification incitative : gratuité ou tarif adapté selon les catégories de produits et/ou d’acteurs ;
  • Une animation et des actions coordonnées à l’échelle du territoire visant à faire connaître le dispositif et les potentialités du réemploi.

Un périmètre élargi

La collectivité co-financera la création de la plateforme avec le Sictom de Morestel. Ce lieu bénéficiera également aux habitants de la communauté de communes des Balcons du Dauphiné et des alentours, qui l’enrichiront dans un effet de synergie.

Une étude stratégique pour mesurer le potentiel de la plateforme

La réalisation d’une étude stratégique est un prérequis pour définir le potentiel d’implantation de cette plateforme locale de réemploi, et préciser ses modalités pratiques.

Cette étude permet ainsi, sur la thématique réemploi, de mesurer la perception des habitants, et mieux connaitre les réalisations et les projets existants. Son analyse fera ensuite ressortir une stratégie globale, et précisera la faisabilité d’une telle plateforme.

Dans ce contexte, c’est le bureau d’études ECOGEOS qui a ainsi été missionné pour mener, en collaboration avec le C2D, une enquête approfondie auprès des habitants, mais également des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire du territoire.

Accompagnateurs (Conseil Régional, Ademe, CAPEB, CAF de l’Isère et CRESS) et porteurs de projets (Emmaüs, Secours Catholique, Secours Populaire, Isactys, etc) ont également été interrogés par Ecogeos et le C2D pour compléter l’enquête.

Un 1er bilan promettant

Au total, entre le 15 mars et le 15 avril 2021, près de 600 habitants ont répondu à cette enquête :

  • 71 % disent avoir l’habitude de donner des objets et/ou des matériaux d’occasion (28 % très souvent, 43 % souvent)
  • Les types d’objets ou matériaux le plus souvent donnés pour réemploi sont les textiles (64 %), les matériaux de construction (43 %) et les objets/matériaux de bricolage et jardinage (36 %)
  • Ces objets ou matériaux sont déposés le plus souvent dans des associations (Emmaüs, ressourceries…) (61%), en déchèterie (60 %) ou donnés à l’entourage (57 %)
  • 55 % disent avoir l’habitude d’éviter généralement l’achat de produits neufs (19 % très souvent, 36 % assez souvent)
  • Les motivations à s’engager dans une démarche de réemploi sont principalement écologiques : 52 % des usagers déclarentle faire pour diminuer les déchets et 44 % pour préserver les ressources naturelles
  • Les principaux freins pour entrer dans cette démarche sont la méconnaissance des solutions locales de réemploi (23 %), les habitudes à changer (12 %) etla préférence pour les produits neufs (11 %)
  • 80 % des répondants seraient intéressés pour récupérer ou racheter de manière plus systématique des objets/matériaux déposés en déchèterie (34 % très intéressé, 46 % assez intéressé)
  • Les objets / matériaux les plus intéressants à récupérer / racheter seraient ceux liés au bricolage/jardinage (61 %) suivis des meubles (51 %) et de l’électroménager (40 %)
  • 74 % des répondants seraient intéressés pour participer à des ateliers (de réparation à 60 %, de création à 34 %)
  • 98 % des répondants pensent qu’une plateforme de réemploi où déposer et récupérer des objets et matériaux serait utile

Les prochaines étapes !

Des nouveaux résultats viendront encore consolider les données existantes.

Ensuite, une analyse AFOM (Atouts, Faiblesses, Opportunités, Menaces, plus connu sous le nom de SWOT) sera effectuée sur l’état des lieux pour amorcer le projet de plateforme.

Enfin une phase de concertation sera menée avec les porteurs du projet et les acteurs identifiés :

  • Deux réunions de concertation prévues : la première centrée sur l’établissement d’un diagnostic partagé et de pistes stratégiques, la deuxième sur un plan d’actions
    (Réunions décalées à mai pour permettre le présentiel si les conditions sanitaires le permettent)